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.♪« Crois-moi quand je dis au revoir pour toujours
Et pour de bon » .
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.♪« Si tu étais mort ou toujours vivant
Je m'en fous, je m'en fous
Et toutes ces choses que tu as laissées
Je m'en fous, je m'en fous » .
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.L'enfer a un goût de Paradis
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.Scène 4« Ai-je trouvé mon Paradis blanc ? »
_.-**-._.-→Catan
Adieu. Un an s'était écoulé depuis. Une année rythmée de silences paisibles et de paisibles silences. De chaleur insoutenable et de douceur. De découvertes, d'appréhensions. Une année comme j'en avais longtemps rêvé. L'Enfer vert était devenu mon Paradis blanc. Beau contraste.
Je n'avais jamais été aussi purement et simplement heureux que pendant cette solitude interminable. J'avais perdu l'habitude saugrenue de parler, si ce n'est lorsque je croisais quelque espagnol ou autre personne venu détruire sans la moindre once de remord mon havre de paix. Malheur à lui s'il venait à me croiser ! J'aurais défendu ces arbres démesurés contre ma vie s'il le fallait. Elle ne valait plus grand chose, de toute manière.
Cela faisait un an que je ne songeais plus vraiment à lui. Certes, ce rêve me hantait toujours; je ne saurai probablement jamais y remédier. Néanmoins, je n'avais plus à souffrir de son regard sur moi. Ni même de celui d'une tierce personne, d'ailleurs. Seuls les nombreux animaux et insectes crissants et criants à longueur de journée avaient la possibilité de me voir, droit que je ne pouvais décemment pas leur refuser.
Malgré tout, je devais supporter quelques règles primaires de civilisation, histoire de ne pas finir grillé au soleil comme un jeune américain pédophile et meurtrier sur la chaise électrique. Voyez-vous, nous, les putains d'albinos, craignons le soleil, d'autant plus lorsqu'il est tropical. Aussi me contraignais-je à ne porter que des vêtements d'une longueur étouffante pour la chaleur, et évitai tout contact direct avec les rayons malfaisant, chose beaucoup plus simple qu'il n'y paraît puisqu'il fait assez sombre sous les arbres. Je n'avais pas réellement le choix, de toute manière.
Ma plus grande peur était uniquement que quelqu'un débarque subitement de je ne saurais où dans l'espoir fou et stupide de me tenir compagnie. Je pense qu'il me serait difficile de contenir ma haine et ma rage envers le reste de la planète, et que cette personne subirait tout cela sans en être le moins du monde coupable -quoique-. Ou peut-être d'une seule chose : venir me casser les pieds dans l'un des endroits les plus déserts et hostiles de la Terre.
Aujourd'hui comme chaque jour, je me suis éveillé aux premières lueurs – pour le moins persistantes – du soleil, venues me chatouiller hargneusement le visage. Il devait être aux alentours de cinq heure du matin. Bonjour, vous écoutez Rire et Chanson, il fait 5° - non, 25° - ce matin, mais les températures devraient remonter dans la journée ! Passons à un sketch ... Machinalement, à l'instar de tous les matins depuis le jour de mon départ, je parcourus du bout des doigts la cicatrice formant un croissant boursouflé, s'étendant de ma tempe au dessous de mon oeil droit, fermai les paupières quelques secondes en songeant à la cause de ce traumatisme, et me levai tout aussitôt, prêt à affronter une nouvelle journée de bonheur. Si ça avait été le cas, vous pensez bien que je n'en dirais rien.
Je fis de ce drôle de fruit des tropiques nommé Graviola mon déjeuner, et m'installai sur le toit de branchage de ma cabane, à l'ombre de la cime floue et haute des arbres, pour y méditer un peu. Un peu ... Je voulais dire par là « Jusqu'à ce que le Soleil dépasse de très loin son zénith ». Mais, ici, cela se résumait assez bien par « Un peu ».
Ma vie d'avant ne me manquait en aucun point. J'avais atteint ma vision de l'extase, et je ne cessais de m'étonner de tout. Cela me rappelais, lorsque j'étais enfant, ces années où l'on ne connait rien, emplies de questions toutes plus saugrenues les unes que les autres. Sauf que, maintenant, je n'avais personne à qui les poser. D'où ses heures, peut-être sombres pour d'autres, mais de plus en plus attrayantes pour moi, à divaguer ainsi, assis sereinement sur mon arbre.
Qui suis-je ? Où vais-je ? Que vais-je faire, après ? Qu'est-ce que l'après ? Et avant, que reste-t-il de l'avant ? Ces questions ne cessaient de revenir, et je n'y trouvais que des réponses partielles. En particulier à la dernièr; à laquelle je ne souhaitais plus réfléchir. Mais l'on ne maîtrise pas ses pensées.
Où es-tu ? Que fais-tu ? M'en veux-tu, comme ils me l'ont toujours dit ? Suis-je un lâche ? Aurais-je dû t'en empêcher ? Qu'est-ce qui m'a retenu ? Dis-moi, dis-moi, veux-tu vraiment ma mort ? Dis-moi, dis-moi ...
Mais
tu n'es plus là pour me répondre. Déjà quand
tu étais à mes côtés,
tu ne satisfaisais jamais ma curiosité, pourtant naturelle face à ce que tu devenais. Pourquoi cela changerait-il maintenant ? Maintenant que
tu es loin, si loin de moi ? Les remords mes rongent,
tu sais. De l'intérieur. C'est si fort, c'est si dur. Qu'attends-
tu donc de moi ? Que je souffre le martyr jusqu'à la fin de ma vie ?
Bordel, sors de ma tête !
Je finissais systématiquement en larmes lors que je sortais de ses réflexions qui ne mènent à rien. Peut-être était-ce pour ça que j'aimais tellement être seul. Ou peut-être pas. Et peut-être est-ce aussi pour cela que personne ne m'a retenu, là-bas. Personne. À croire qu'ils n'en n'ont rien à foutre de moi. Ou au contraire. Je ne saurai jamais. Car je n'ai nullement l'intention d'y retourner, pour quelque raison que ce soit. Ne t'en fais pas, tu n'y retourneras jamais.
Les heures tournaient, le temps filait, le soleil descendait. D'une certaine manière, cela signifie la même chose, non ? Qu'importe. Bougeons un peu, avant de finir statufier telle une gargouille de Notre-Dame que personne ne viendra admirer. « On l'a arraché de la façade, 'comprenez, l'était toute pâlotte. » Haha.
Je me laissai glisser le long de l'échelle de corde rudimentaire que je m'étais créé, et, armé d'un couteau que j'avais pris soin d'emmener lors du Départ, je m'élançai machinalement et silencieusement, ou presque, vers ... Où ? Voilà une nouvelle question à ajouter à la liste. Il était surprenant que je ne me perdis jamais.
Je ne songeais même plus à siffler lorsque je cheminais ainsi en quête de nourriture, ou d'autre chose, ou même de rien; c'était un réflexe bien trop civil. Je me contentais de regarder vaguement devant moi. Le « vaguement » me causait nombre de chutes, d'ailleurs.
Je discernai soudain le bruissement de pas lourds dans les feuillages, à ma gauche. La démarche d'un enfoiré, à coup sûr. Je vous certifie qu'ils marchent tous pareil. Du moins, ceux que je connais. Des coups de feu retentirent alors, suivis du son significatif d'une course-poursuite. Action ?
Je m'élançai également en direction du raffut. Je ne savais réellement pourquoi, néanmoins, je me devais d'y aller. Je heurtai un tronc large de deux mètres -comment ai-je pu le rater ?- ce qui ralentit ma progression. Le temps de reprendre mes esprits, et la jungle avait recouvert son « calme ». Disons par là que le bordel émanant d'un peu partout était totalement naturel.
J'avançai encore, tentant de me rappeler l'origine des bruits. Je débouchai, après un certain temps je l'avoue, sur une pseudo-clairière, nommée ainsi par mes soins car elle était totalement ombragée bien qu'aucun arbre ne s'élevait sur un diamètre d'une dizaine de mètres. En son centre régnait un large trou, probablement creusé dans l'espoir d'y attraper quelque animal. Aussi me penchai-je pour vérifier qu'aucun n'était prisonnier à l'intérieur. Quand j'identifiai la masse claire qui s'étalait au fond du fossé, je ne pus retenir un :
« Ah bah putain ! » Un homme. Un vrai. Enfin, j'entends par là, un humain, bien sûr. Le reste se vérifierait après. Deux bras, deux jambes, une tête, bref, un humanoïde. Je ne parvenais pas à y croire. Certes, je croisais parfois quelques personnes, mais c'était elles qui érigeaient ses pièges, elles ne s'amusaient jamais à tomber dedans - ce qui est assez dommage, soit dit en passant - ! Qui était donc cet abruti ? Je tentai les rares mots en espagnol de ma connaissance, espérant en tirer quelque chose :
« ¿Como esta? ¿Como te llama? » Devant son absence de réaction, j'en conclu qu'il ne parlait l'espagnol aussi bien que moi le russe, aussi tentai-je une approche plus radical, et d'autant plus stupide que moins d'un quart de la planète parle le français :
« Oh, ça va en bas ? Comment t'es arrivé là ? C'est quoi ton nom ? »
Plissant les yeux, je distinguai quelques esquisses de mouvements, et sa tête se releva doucement. Soit il avait compris, soit il avait fait du théâtre dans sa jeunesse. Allez savoir.
« Je ... Je ne sais pas ! » Un français. Ou, en tout cas, quelqu'un qui le parle; après tout, il pouvait bien être venu depuis la Thaïlande à la nage, je n'en avais pas grand chose à faire. Attendez quelques secondes ... Qu'est-ce qu'il ne savait pas ?!
« Je t'ai juste demandé ton nom ! Tu t'appelles comment ?
- Je ne sais pas !
- Ah bah putain ... répétai-je » Ce devait être une caméra-caché, c'était obligé. Certes, il fallait être encore plus stupide que lui pour inventer ce concept mais, quand je l'ai quitté, le monde me paraissait bien stupide. Tout est envisageable. Il est aussi possible, bien sûr, qu'il dise la vérité. Mais j'en doute.
Je n'avais néanmoins guère d'autre solution que de le tirer de là, aussi tentai-je de lui lancer une liane, ce qui fut totalement inutile compte-tenue de son état dont il me fit un court résumé. Il me fallait descendre. Je m'accrochai donc à un harnais de fortune, dégringolai en rappel et atterrit souplement en évitant de l'écraser plus qu'il ne l'était déjà. Il fallut s'y prendre à plusieurs reprises pour le hisser sur mon dos, car à chaque fois il gémissait de douleur, bien qu'il essayait de se contenir au maximum. Quoique.
La remonté fut plus ardue, mais au bout de quelques tentatives nous parvînmes tous deux au sommet, et nous nous allongeâmes dans un soupir d'aise. J'examinai furtivement sa jambe, n'étant pas spécialiste de ce type de blessures, et déclarai :
« Ton nom sera Fly.
- Pourquoi ?
- Parce que pour arriver ici, tu es forcément venu en volant. »_______________________________________________________________________________________
Catan est de retour, et ce en pleine forme, comme vous le voyez ! Contrairement à moi, qui pour la première fois de ma vie, publie en retard ... Je m'en
excuse une fois encore.
Je
n'aime pas ce chapitre, et vous ne me ferrez pas changer d'avis. Il est trop
détaché,
joyeux, "
cool", et ça me fatigue. Néanmoins, je
m'amuse beaucoup à écrire sous ce POV. Je suis décidément quelqu'un de paradoxal.
"Personnage" comme certaine aimait l'appeller à désormais un
nom, et mes deux personnages principaux sont maintenant réunis. L'
intrigue en elle-même apparaîtra donc au chapitre suivant !
Que de suspens mon Dieu !Je tiens à vous prévenir que
je pars en Angleterre du 2 au 14 Juillet. Je ne répondrai donc pas à vos commentaires, néanmoins, et ce
si Dieu le veut car je n'ai que trois lignes d'avance à l'heure où je vous parle, je confierai mes chapitres à
ma chère prélectrice, qui les
publiera pour moi. Il n'y en aura peut-être qu'un, je vous préviens !
Merci de m'ajouter dans vos favoris pour être prévenu. . _____________ .
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